La « modernisation de la chronologie des médias » pour les Nuls.

La chronologie des médias et la fermeture de MachinUpload se sont invitées dans le débat de la filière cinéma ces derniers jours.

Il y a ceux qui veulent visionner beaucoup de films, comme ils veulent, pour un prix le plus modeste possible, et très rapidement. On appelle cela « favoriser l’accès à la culture« . Politiquement, c’est super-correct. On pense à son gamin qui a un besoin hyper-pressant de voir tout tout de suite et si possible pas cher, ou à sa pauvre maman qui habite un coin paumé où il n’y a plus de salles de cinéma  (malgré l’étonnant équipement français). Souvent, ces promoteurs du « tout tout de suite », quand ils n’ont pas un intérêt économique légitime (par exemple avec un distributeur de produits bruns high-tech qui ont besoin de contenus pour être sexys), n’y connaissent rien sur comment on fabrique un film, ni même comment on le rémunère.

Bizarrement, ceux qui ont le plus à perdre sont les gros films. Ces derniers sont chers à faire, chers à vendre (pour de bonnes ou de mauvaises raisons). Mais les producteurs de ces gros films ne réclament rien. Ils sont contents du système qui les finance.

Il y a aussi quelques réalisateurs qui, effrayés de constater que leur film ait été évacué vers l’oubli sans rencontrer le succès espéré aimeraient bien pouvoir multiplier ses exploitations sur tous les tuyaux. Légitimement, ils se disent que leur film mérite mieux. Ils s’imaginent que certains tuyaux ne demandent qu’à les accueillir pour peu qu’il y ait plus de souplesse. Ils admirent ce grand internet où tout serait possible. Que 60 heures soient chaque minute postée sur YouTube ne les effraient pas. Ils feignent de ne pas voir ou ignorent carrément que la fameuse SVOD est un immense supermarché numérique où la prime au « gros », au « référencé », au « calibré », est pire qu’ailleurs.

On ne comprend pas le problème de liberté d’expression: ces réalisateurs peuvent brader leurs films en VOD s’ils souhaitent être vu avant d’être rémunérés (?). Ils peuvent même laisser leurs films pendant des lustres dans l’une des innombrables boutiques VOD que comptent notre beau pays.  Ils peuvent même créer leur propre boutique VOD. Internet est à portée de main et de clics de n’importe qui.

Il y a enfin ceux qui payent plus ou moins tout:  la fabrication des films, le marketing pour les sortir, les installations (physiques ou numériques pour exposer ces films. Ceux-là, quand ils veulent changer, ils changent. Par exemple, quand il a fallu proposer les films à la demande puisque le public le souhaitaient, ils l’ont fait. « Ouais, mais faut être abonné »… Ah… ben oui. là, j’avoue.

Le cinéma « gratuit », je ne sais pas comment on fait.

Et contre le « gratuit », le payant est toujours trop cher.

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