Revoir Guy Debord

Guy Debord est mort quand j’étais trop jeune pour comprendre. J’avais dû voir La Société du Spectacle. Un film curieux, « godarien » dans sa volonté de contraindre le spectateur à l’attention sur le message, qui est une création qui ne survivrait pas dans notre monde prétendu moderne qui prône « la demande du consommateur libre« .

Il faut vous convaincre de regarder la chose. Quand j’étais jeune, le ciné-club de mon école assumait cette mission. Maintenant que je suis vieux, c’est l’entreprise Gaumont qui a édité voici quelques années, un somptueux coffret sur l’oeuvre de Debord. A moins de se laisser tenter par une programmation spéciale sur l’une de nos chaînes.

Mais sinon, sans effort médiatique assumé, il n’y aurait aujourd’hui aucune chance, absolument aucune chance, qu’un Guy Debord (1) finance son film, (2) parvienne à convaincre un quelconque médiateur de revendiquer son oeuvre pour son public.

Bref – comme disaient d’anciens collègues – je suis terrifié à l’idée que le monde culturel se réduise à l’envie de « consommateurs » qui par définition de savent pas à l’avance ce qui pourra les éclairer.

Inch Allah.

2 commentaires

  1. Certes le sujet éclairé, acteur de son histoire, et la consommation passive, cela fait deux et comme dirait Tribord « cache toi objet » . Reste à trouver à Boulogne, France, des encyclopédistes médiatiques tels Lebovici ou Dauman etc. Canal ?

  2. Bonjour,

    Ce n’est pas le film « La Société du Spectacle » qui est Godardien, se sont les films « théoriques » de Gordard qui sont influencés par Debord.

    J’ai lu une première fois le bouquin quand j’avais 15 ans (j’en ai une trentaine), je n’ai rien compris. J’ai du le relire de nombreuses fois avant d’en saisir une petite moitié. Je pense mieux saisir le bouquin maintenant (surtout avec « Les Commentaires sur La Société du Spectacle et après avoir lu une grande partie de ses livres, même si je maîtrise assez mal Marx).

    Le film est une belle oeuvre poétique qui peut « séduire » un « consommateur » et l’amener, pourquoi pas au texte. Le texte me parait plus fort que le film, bien que j’adore le film.

    à voir ici:

    Si l’oeuvre filmographique de Debord a été rééditée par Gaumont, c’est sur l’impulsion d’Olivier Assayas qui a réussi a convaincre la veuve de Debord d’accepter cette réédition. Depuis ils ont tous les deux rédigés le scénario d’Après Mai qui sort en octobre prochain, qui sera a Venise fin août début septembre (clin d’oeil a Assayas). Après Mai évoque l’héritage du situationnisme après l’échec de 68.

    Les manuscrits de Debord ont été classées « trésor national » par l’Etat Français, une autre récupération (utile?) de son oeuvre par le « système ».

    Gerard Lebovici qui était le mécène de Guy Debord était aussi l’agent de Gérard Depardieu (notamment) et était connu pour ses liens avec le grand banditisme. Il est mort assassiné.

    Il n’y a pas de nostalgie a avoir par rapport a cette époque, les choses ont juste empirées.

    Aujourd’hui tout le monde cite Debord (journalistes, éditorialistes, hommes politiques, tout ceux qui construisent la société du spectacle et qui ont intérêt a ce que les choses restent ainsi), la vie suit son cour. En 1994, Guy Debord s’est tiré une balle dans la tête, pour entre autre, mettre un terme a ses douleurs causées par une maladie du à son alcoolisme. J’imagine que sans cette douleur, son geste aurait été le même.

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