La France subventionne le cinéma … européen

Dans l’excitation devenue fébrile sur cette histoire de cachets, on a (presque) tout entendu, et notamment ceci: la France produirait trop de films et/ou trop cher pour sa simple taille. On osera ici quelques éclairages nécessaires à l’attention de certains néophytes pourtant définitifs dans leurs commentaires.

1. Notre industrie nationale ne produit pas 300 films français par an. Il faut savoir lire les textes et les statistiques – très bien faites – du CNC en la matière: le CNC agrée près de 300 films par an dont environ un tiers sont en fait des films européens non français. Dans le jargon, on appelle cela des « coproductions minoritaires ». En 2011 par exemple, dernière année connue, le total des films agréés était de 272 (et non pas 300, score jamais atteint), dont 65 films à majorité étrangère. Dans les 207 films « français » restants, seuls 152 étaient (quasi-)intégralement financés par des sociétés françaises (distributeurs, CNC, TV, etc).

2. Notre système d’exception culturelle permet ainsi à une grosse cinquantaine de films européens non français de se financer chaque année. C’est un rappel pour celles et ceux qui à Bruxelles s’interrogent sur le caractère prétendument trop cocardier de notre système.

3. Si le cinéma français s’exporte encore insuffisamment, il est faux de penser que nos productions nationales n’ont que pour seul marché les spectateurs français. La presse a récemment et abondamment cité ASTERIX 4 et ses 60 millions d’euros de budget. Qui croit encore qu’un tel budget a été dimensionné pour le seul territoire national ? ASTERIX est l’une des rares franchises commerciales qui s’exportent (*).

4. On a coutume de penser qu’au-delà de 15 millions d’euros de budget, un film français doit chercher (et habituellement trouve*) des financements étrangers… ou allumer des cierges. A ce budget-là, les producteurs et distributeurs espèrent déjà au moins 3M d’euros de la télévision cryptée, autant de la télévision gratuite, et au moins 3 millions d’entrées en salles.

5. La production française s’auto-régule: chaque année, comme en 2011, seuls 12 films sont produits avec plus de 15 millions d’euros de devis.

 

 

 

(*) Même si la crise est passée par là.

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