D-Day

2019

This is it, this is us.

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But…

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1 day before D-Day #Foxpleasure

I remember the day we learned Disney wanted to buy certain assets of 21CF. « Anything I should worry about, Dad ? » asked our daughter. « Nope« , I answered.

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Yet this pre-acquisition period has been a true 15-month journey for both Disney and Fox employees. Discussions, questions, memories, last LA Screenings, last Fox party on the lot, team prepping and introvertions, this journey has been a mix of nostalgia, angst and hope.

As in many other parts of our industry, each individual questionned herself/himself on his/her role.

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But differently from any other place in our entertainment industry, we were thousands and thousands to fear, hope and think at the exact same things during this exact same moment.

And now, this is it.

Let’s move to this new chapter.

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Yes indeed.

Like a band, one of the greatest ever.

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2 days before D-Day #Foxpleasure

2016-2018

I remember DEADPOOL. Although I was already a Marvel fan, I discovered that our son was more expert than me. A year before the movie was released and became a phenomenon, he was already fully aware of everything about this film, his hero and its universe (Joining Fox that same year, I was at last able to work at the Nakatomi Plaza).

 

I remember THIS IS US, an authentic family drama which have you cry at every episode. I remember POSE, a creative and emotive shock, a series that was as difficult to pitch as it was touching and fascinating.

 

3 days before D-Day #Foxpleasure

2011-2013

I remember HOMELAND. An Israeli format, an American drama. Carrie Mathison and Sergeant Brody became our heros with all their personal complexities.

I remember THE AMERICANS. This drama of espionage, with its nostalgic historical context, is first and foremost a story of love and family life. And the series helped to launch CANAL+ Series in 2013.

4 days before D-Day #Foxpleasure

1997-2009

I remember TITANIC. As some other millions of viewers, I cried each time I saw it, and I saw it several times. I remember AVATAR, and how Mark was so happy to tell us at Canal+ that there was this « wonderful movie with some blue heroes » soon to be released.

Later that same year, I remember THE SIMPSONS‘ twentieth anniversary during Mipcom in Cannes. Nobody recalled that SIMPSON episode, 9 years earlier, where they envisionned that Fox would become part of Disney.

5 days before D-Day #Foxpleasure

One souvenir per day, 6 days until D-Day.

 

1994-2004

I remember SPEED with Keanu Reeves, one of the first Fox films I saw on CANAL+ in France. Long before John Wick, Reeves was wearing a bullet-proof jacket as he tried to save a bus while Sandra Bullock was driving. SPEED was all about adrenaline. That same year, I joined Canal+ when Mark Kaner, who will become my mentor and friend many years later at Fox, left it.

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I remember GRAPES OF WRATH (1940) MY DARLING CLEMENTINE (1946), KISS OF DEATH (1947) and many others, and how Gina Brogi at Fox (who will also become my boss and friend some years later), was happily surprised that we knew, liked and licensed the black & white features of the Fox catalogue for our French movie channels at CANAL+.

6 days before D-Day #Foxpleasure

One souvenir per day, 6 days until D-Day.

1988-2002

I remember DIE HARD. No need to stress how new and fresh it was – the hero is fun, brave, and he suffers. As I finally went to Los Angeles years later, how many times did I check if the Nakatomi Plaza, aka Fox Plaza, was still up at Century City ? Later, I remember and enjoyed DIE HARD WITH A VENGEANCE, a Touchstone picture (Disney). On the Fox lot, there is this huge DIE HARD poster. And you can hear John McClane whispering « Yippee Ki Yay ».

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I remember 24, the real-time intrigue, the split-screen design and the music (still my ringtone 2 decades later). I had to buy DVDs in the UK to binge the full series. I remember that short video of Kiefer Sutherland that Mark Kaner managed to have produced and sent for Canal+ 15th anniversary. That same year, I remember the first Ice Age, with Rudy and Manny.

Féminisme

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Une amie m’a questionné sur mon obstination féministe. En retombant sur cet album de Renaud, j’ai déroulé le fil d’une histoire finalement banale.
Le féminisme d’un garçon vient d’abord de sa famille. L’environnement familial, paternel comme maternel, a influencé, nourri, fait grandir cette évidence que les inégalités femme/homme sont du sexisme et de l’oppression.

Il y a aussi ce malaise plus intime devant l’injonction masculiniste virile et bête, moins présente aujourd’hui en Occident, mais encore très forte au début des années 80. Le personnage du beauf du regretté Cabu est un bel exemple.

Il y a ensuite la confrontation au réel: la rare inégalité que j’ai pu constater quotidiennement – et partout, dans tous les milieux, toutes les situations de vie – fut cette oppression des femmes par les hommes. Quand #MeToo et #BalanceTonPorc sont arrivés, j’ai eu le sentiment que quelqu’un avait enfin allumé la lumière dans la pièce de nos vies: le sexisme domestique, professionnel, ou politique est partout.

Il y a ensuite les deux femmes les plus proches de ma vie, ma femme et ma fille. La résistance de la première, le stress paternel qui m’a envahit au plus profond de mes tripes quand la seconde est née, puis quand elle a grandi au point d’intéresser certains regards lubriques qui naturellement m’ont enragés. Je ne suis plus inquiet car elle sait se défendre mieux que je ne pourrais jamais le faire. La scène qui suit de True Romance a remplacé celle de Liam Neeson dans Taken menaçant de mort le kidnappeur de sa fille.

Revenons à cet album, le plus féministe de Renaud, avec cette ode aux femmes, Miss Maggie, et ce désarroi paternel exprimé dans Mistral Gagnant. Le retrouver dans le placard familial m’a ouvert les yeux sur ce chemin.

Joyeux Noël.

 

 

 

Netflix est-il l’ennemi des salles de cinéma ?

Alors que le dernier film des frères Coen sort … sur Netflix ce 16 novembre… interrogeons-nous.

Les films de Netflix avaient été disqualifiés de sélection cannoise : « Désormais, tout film présent en compétition devra sortir dans les salles françaises », expliquait Thierry Frémaux, le délégué général du Festival de Cannes, dans Le Film Français en mai dernier. Certains ont critiqué cette décision. Dans le sempiternel débat français sur la chronologie des médias, cinq organisations se sont élevées contre la possibilité qu’un film de cinéma conserve son statut (et ses financements) sans qu’une sortie en salles ne soit requise en France.

On aurait tort de caricaturer ce débat à celui des anciens contre les nouveaux, à le résumer à un quelconque caprice de supériorité des salles de cinéma sur les nouveaux médias. La sortie en salles de cinéma incarne, sans doute encore pour longtemps, la différence entre le film et le téléfilm. Steven Spielberg l’explique très bien : « Dans les faits, quand on se soumet au format télévisuel, on devient un téléfilm. Le cinéma est un lieu de liberté. Il n’y a rien de péjoratif à rappeler que la fiction télévisuelle, toute créative soit-elle, est d’abord soumise aux impératifs d’un ou deux diffuseurs au mieux. Malgré toutes les difficultés qu’un cinéaste peut rencontrer, il jouit d’une liberté plus importante que celle d’un créateur de fiction télévisuelle : les diffuseurs TV ont un pouvoir de censure, mais aucun n’a le dernier mot.

Un temps, Netflix et les autres ont été loués pour l’incroyable liberté que les créateurs y trouveraient par rapport aux diffuseurs traditionnels. Ce temps est révolu. Netflix comme Amazon ont annoncé l’arrêt de certaines de leurs séries. Ils agissent comme…les diffuseurs qu’ils sont. Ce droit de vie ou de mort n’est que la règle du jeu audiovisuel.

La conversation sociale s’éparpille.

La seconde question qui pourrait opposer Netflix au cinéma est son financement. Le cinéma laisse une place à l’exploitation de ses différents diffuseurs. La SVOD est trop gourmande pour ne pas bousculer cet équilibre. En France, les pouvoirs publics tentent d’attirer les services non-linéaires à contribuer au financement en échange d’une meilleure place dans la chronologie d’exploitation. Pourtant, il est difficile d’imaginer que des géants tels Netflix ou Amazon changeront leur modèle pour notre seule régulation nationale.

Netflix est-il pour autant l’ennemi des salles obscures ?

Pour certains, l’accès à de larges catalogues de fictions, notamment de séries, est en passe de dégoûter une part croissante du public, jeune en particulier, du spectacle en salle. Le producteur français Pascal Breton, président de Fédération Entertainment, confiait récemment : « la série devient le média de tous les médias. Elle en ringardise même le cinéma ». Le cinéma est depuis longtemps l’objet de chroniques sur sa mort. Pourtant, qui n’a pas eu l’impression d’une overdose de séries ? Le nombre de séries proposées au public dépasse chaque année ses propres records. La conversation sociale s’éparpille, chaque série est chassée par une autre. Et les algorithmes achèvent d’enfermer chaque spectateur dans ses propres goûts. Le cinéma connaît moins ces difficultés. Un film prend moins de temps culturel. Le phénomène de « Peak TV » devrait au contraire conforter la place de l’œuvre unitaire.

 

 

(Chronique publiée le 9 avril 2018 dans l’Opinion)

(REPLAY) Demain, tous prisonniers des algorithmes?

 

Il y a un sujet commun aux économies de l’Internet et de la culture qui intéresse enfin au-delà du cercle des professionnels initiés : les algorithmes. La manipulation de l’information à l’occasion de l’élection présidentielle américaine par les algorithmes de certains réseaux sociaux a choqué. Mais depuis deux ans, les professionnels de l’audiovisuel français s’intéressent aussi aux risques posés par ces mêmes dispositifs dans l’offre audiovisuelle.

Il y a longtemps, chacun pouvait se sentir prisonnier de sa situation sociale, de sa culture familiale ou acquise, ou de sa situation géographique. La massification de l’accès à la culture, grâce au numérique, avait créé beaucoup d’espoirs. On a cru alors que les algorithmes remplaceraient les directeurs des programmes des diffuseurs traditionnels, qu’ils seraient le compagnon indispensable de cette libération de l’accès. L’arrivée de Netflix en Europe fut ainsi l’occasion de commentaires parfois béats sur sa recommandation personnalisée et automatisée.

Qui pourrait se plaindre de se voir offrir les programmes correspondant le mieux à ses goûts et ses envies ? Pourtant, force est de constater que les algorithmes ont fini par doucher ces espoirs d’accès illimité et de découverte facile.

Les algorithmes posent d’abord des questions sur le respect de la vie privée : comme pour les réseaux sociaux, ils s’appuient sur des données personnelles. Par exemple, Netflix personnalise jusqu’aux visuels des programmes qu’il fait apparaître sur la page de recherche de ses abonnés sur la base d’un enregistrement systématique de nos consommations.

Un algorithme trop puissant se doit d’être déloyal pour être efficace. C’est un paradoxe

Quotas de diffusion. Les algorithmes font aussi obstacle à l’un des piliers de la politique de soutien à la création européenne, les quotas de diffusion. Imagine-t-on un algorithme recommander 40 % de programmes français à chaque requête de son utilisateur ?

Ensuite, ces algorithmes enferment les spectateurs dans leurs goûts initiaux et leurs pratiques. Ces dispositifs, expliquait le CSA, « peuvent en partie déposséder les individus des choix qu’ils pourraient faire spontanément et ainsi réduire leur libre arbitre.» Le numéro deux du groupe TF1, Ara Aprikian devant la mission parlementaire d’information pour « Une nouvelle régulation de la communication audiovisuelle à l’ère numérique », rappelait fort justement que « la télévision s’adresse à tous. Elle favorise la cohésion sociale, quand les plates-formes numériques et les algorithmes sont dans une logique d’atomisation ».

Enfin, pour tout média audiovisuel, un algorithme trop puissant se doit d’être déloyal pour être efficace. C’est un paradoxe : primo, tout diffuseur qui se met à produire son propre contenu tente de convaincre ses spectateurs de le consommer en priorité. Secundo, rares sont les médias qui disposent de la profondeur du catalogue nécessaire à servir toutes les envies. En janvier 2017, le CSA avait ainsi publié un rapport sur le sujet, et l’on pouvait y lire combien ces algorithmes « portent l’empreinte des partis initialement pris par leurs développeurs. »

Cette « culture de l’algorithme », qui est une affaire de marketing, est l’une des irruptions les plus violentes de la loi de la demande dans cette économie de l’offre qu’est l’audiovisuel.

 

(Chronique publiée le 25 avril 2018 dans l’Opinion)