6 days before D-Day #Foxpleasure

One souvenir per day, 6 days until D-Day.

1988-2002

I remember DIE HARD. No need to stress how new and fresh it was – the hero is fun, brave, and he suffers. As I finally went to Los Angeles years later, how many times did I check if the Nakatomi Plaza, aka Fox Plaza, was still up at Century City ? Later, I remember and enjoyed DIE HARD WITH A VENGEANCE, a Touchstone picture (Disney). On the Fox lot, there is this huge DIE HARD poster. And you can hear John McClane whispering « Yippee Ki Yay ».

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I remember 24, the real-time intrigue, the split-screen design and the music (still my ringtone 2 decades later). I had to buy DVDs in the UK to binge the full series. I remember that short video of Kiefer Sutherland that Mark Kaner managed to have produced and sent for Canal+ 15th anniversary. That same year, I remember the first Ice Age, with Rudy and Manny.

Féminisme

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Une amie m’a questionné sur mon obstination féministe. En retombant sur cet album de Renaud, j’ai déroulé le fil d’une histoire finalement banale.
Le féminisme d’un garçon vient d’abord de sa famille. L’environnement familial, paternel comme maternel, a influencé, nourri, fait grandir cette évidence que les inégalités femme/homme sont du sexisme et de l’oppression.

Il y a aussi ce malaise plus intime devant l’injonction masculiniste virile et bête, moins présente aujourd’hui en Occident, mais encore très forte au début des années 80. Le personnage du beauf du regretté Cabu est un bel exemple.

Il y a ensuite la confrontation au réel: la rare inégalité que j’ai pu constater quotidiennement – et partout, dans tous les milieux, toutes les situations de vie – fut cette oppression des femmes par les hommes. Quand #MeToo et #BalanceTonPorc sont arrivés, j’ai eu le sentiment que quelqu’un avait enfin allumé la lumière dans la pièce de nos vies: le sexisme domestique, professionnel, ou politique est partout.

Il y a ensuite les deux femmes les plus proches de ma vie, ma femme et ma fille. La résistance de la première, le stress paternel qui m’a envahit au plus profond de mes tripes quand la seconde est née, puis quand elle a grandi au point d’intéresser certains regards lubriques qui naturellement m’ont enragés. Je ne suis plus inquiet car elle sait se défendre mieux que je ne pourrais jamais le faire. La scène qui suit de True Romance a remplacé celle de Liam Neeson dans Taken menaçant de mort le kidnappeur de sa fille.

Revenons à cet album, le plus féministe de Renaud, avec cette ode aux femmes, Miss Maggie, et ce désarroi paternel exprimé dans Mistral Gagnant. Le retrouver dans le placard familial m’a ouvert les yeux sur ce chemin.

Joyeux Noël.

 

 

 

Netflix est-il l’ennemi des salles de cinéma ?

Alors que le dernier film des frères Coen sort … sur Netflix ce 16 novembre… interrogeons-nous.

Les films de Netflix avaient été disqualifiés de sélection cannoise : « Désormais, tout film présent en compétition devra sortir dans les salles françaises », expliquait Thierry Frémaux, le délégué général du Festival de Cannes, dans Le Film Français en mai dernier. Certains ont critiqué cette décision. Dans le sempiternel débat français sur la chronologie des médias, cinq organisations se sont élevées contre la possibilité qu’un film de cinéma conserve son statut (et ses financements) sans qu’une sortie en salles ne soit requise en France.

On aurait tort de caricaturer ce débat à celui des anciens contre les nouveaux, à le résumer à un quelconque caprice de supériorité des salles de cinéma sur les nouveaux médias. La sortie en salles de cinéma incarne, sans doute encore pour longtemps, la différence entre le film et le téléfilm. Steven Spielberg l’explique très bien : « Dans les faits, quand on se soumet au format télévisuel, on devient un téléfilm. Le cinéma est un lieu de liberté. Il n’y a rien de péjoratif à rappeler que la fiction télévisuelle, toute créative soit-elle, est d’abord soumise aux impératifs d’un ou deux diffuseurs au mieux. Malgré toutes les difficultés qu’un cinéaste peut rencontrer, il jouit d’une liberté plus importante que celle d’un créateur de fiction télévisuelle : les diffuseurs TV ont un pouvoir de censure, mais aucun n’a le dernier mot.

Un temps, Netflix et les autres ont été loués pour l’incroyable liberté que les créateurs y trouveraient par rapport aux diffuseurs traditionnels. Ce temps est révolu. Netflix comme Amazon ont annoncé l’arrêt de certaines de leurs séries. Ils agissent comme…les diffuseurs qu’ils sont. Ce droit de vie ou de mort n’est que la règle du jeu audiovisuel.

La conversation sociale s’éparpille.

La seconde question qui pourrait opposer Netflix au cinéma est son financement. Le cinéma laisse une place à l’exploitation de ses différents diffuseurs. La SVOD est trop gourmande pour ne pas bousculer cet équilibre. En France, les pouvoirs publics tentent d’attirer les services non-linéaires à contribuer au financement en échange d’une meilleure place dans la chronologie d’exploitation. Pourtant, il est difficile d’imaginer que des géants tels Netflix ou Amazon changeront leur modèle pour notre seule régulation nationale.

Netflix est-il pour autant l’ennemi des salles obscures ?

Pour certains, l’accès à de larges catalogues de fictions, notamment de séries, est en passe de dégoûter une part croissante du public, jeune en particulier, du spectacle en salle. Le producteur français Pascal Breton, président de Fédération Entertainment, confiait récemment : « la série devient le média de tous les médias. Elle en ringardise même le cinéma ». Le cinéma est depuis longtemps l’objet de chroniques sur sa mort. Pourtant, qui n’a pas eu l’impression d’une overdose de séries ? Le nombre de séries proposées au public dépasse chaque année ses propres records. La conversation sociale s’éparpille, chaque série est chassée par une autre. Et les algorithmes achèvent d’enfermer chaque spectateur dans ses propres goûts. Le cinéma connaît moins ces difficultés. Un film prend moins de temps culturel. Le phénomène de « Peak TV » devrait au contraire conforter la place de l’œuvre unitaire.

 

 

(Chronique publiée le 9 avril 2018 dans l’Opinion)

(REPLAY) Demain, tous prisonniers des algorithmes?

 

Il y a un sujet commun aux économies de l’Internet et de la culture qui intéresse enfin au-delà du cercle des professionnels initiés : les algorithmes. La manipulation de l’information à l’occasion de l’élection présidentielle américaine par les algorithmes de certains réseaux sociaux a choqué. Mais depuis deux ans, les professionnels de l’audiovisuel français s’intéressent aussi aux risques posés par ces mêmes dispositifs dans l’offre audiovisuelle.

Il y a longtemps, chacun pouvait se sentir prisonnier de sa situation sociale, de sa culture familiale ou acquise, ou de sa situation géographique. La massification de l’accès à la culture, grâce au numérique, avait créé beaucoup d’espoirs. On a cru alors que les algorithmes remplaceraient les directeurs des programmes des diffuseurs traditionnels, qu’ils seraient le compagnon indispensable de cette libération de l’accès. L’arrivée de Netflix en Europe fut ainsi l’occasion de commentaires parfois béats sur sa recommandation personnalisée et automatisée.

Qui pourrait se plaindre de se voir offrir les programmes correspondant le mieux à ses goûts et ses envies ? Pourtant, force est de constater que les algorithmes ont fini par doucher ces espoirs d’accès illimité et de découverte facile.

Les algorithmes posent d’abord des questions sur le respect de la vie privée : comme pour les réseaux sociaux, ils s’appuient sur des données personnelles. Par exemple, Netflix personnalise jusqu’aux visuels des programmes qu’il fait apparaître sur la page de recherche de ses abonnés sur la base d’un enregistrement systématique de nos consommations.

Un algorithme trop puissant se doit d’être déloyal pour être efficace. C’est un paradoxe

Quotas de diffusion. Les algorithmes font aussi obstacle à l’un des piliers de la politique de soutien à la création européenne, les quotas de diffusion. Imagine-t-on un algorithme recommander 40 % de programmes français à chaque requête de son utilisateur ?

Ensuite, ces algorithmes enferment les spectateurs dans leurs goûts initiaux et leurs pratiques. Ces dispositifs, expliquait le CSA, « peuvent en partie déposséder les individus des choix qu’ils pourraient faire spontanément et ainsi réduire leur libre arbitre.» Le numéro deux du groupe TF1, Ara Aprikian devant la mission parlementaire d’information pour « Une nouvelle régulation de la communication audiovisuelle à l’ère numérique », rappelait fort justement que « la télévision s’adresse à tous. Elle favorise la cohésion sociale, quand les plates-formes numériques et les algorithmes sont dans une logique d’atomisation ».

Enfin, pour tout média audiovisuel, un algorithme trop puissant se doit d’être déloyal pour être efficace. C’est un paradoxe : primo, tout diffuseur qui se met à produire son propre contenu tente de convaincre ses spectateurs de le consommer en priorité. Secundo, rares sont les médias qui disposent de la profondeur du catalogue nécessaire à servir toutes les envies. En janvier 2017, le CSA avait ainsi publié un rapport sur le sujet, et l’on pouvait y lire combien ces algorithmes « portent l’empreinte des partis initialement pris par leurs développeurs. »

Cette « culture de l’algorithme », qui est une affaire de marketing, est l’une des irruptions les plus violentes de la loi de la demande dans cette économie de l’offre qu’est l’audiovisuel.

 

(Chronique publiée le 25 avril 2018 dans l’Opinion)

Chroniquer les nouvelles frontières de la TV

Il n’est jamais facile de raconter ce que l’on voit, entend, comprend de sa propre activité professionnelle. Le manque de recul ou de temps, les intérêts particuliers, les pressions anticipées ou réelles, les obstacles sont nombreux.

L’an dernier, Cyril Lacarrière, journaliste à l’Opinion, m’a tout de même proposé d’écrire régulièrement sur les médias, l’audiovisuel et le cinéma. Je ne saurai trop l’en remercier. L’exercice est libre, autant qu’il peut l’être quand on travaille encore. Il me permet de chercher à éclairer, à réagir et à analyser ce qui se déroule sous nos yeux. Ce secteur comme d’autres subit de multiples révolutions – technologiques, culturelles, commerciales. D’autres évolutions n’ont rien de révolutionnaires, elles signifient au contraire un incroyable retour en arrière. Cette filière attire d’innombrables commentaires. Certaines analyses, échappées d’esprits intelligents mais extérieurs à cette filière, m’ont souvent donné envie de réagir.

J’ai donc écrit une dizaine de chroniques depuis une année, et vous les retrouverez désormais ici sur ce blog également. L’Opinion en conservera la primeur, une première fenêtre d’exploitation de trois mois au plus, dont la chronologie a été très facilement et gentiment négociée avec Cyril et Remi Godeau, rédacteur en chef du journal.

 

Dernier palmarès 2017 avant 2018

Puisque les César sont pour bientôt, voici un palmarès subjectif de quelques films français qui ont marqué mon année cinéphile.

Parce qu’avant #BalanceTonPorc, il relate un état de fait, un fait que quiconque dans une entreprise a rencontré, subi, observé:

Parce qu’il m’a fait penser à deux précédents films sur le même sujet « Ressources Humaines » et « Sauf le respect que je vous dois« , il y a une plus d’une décennie, et que rien n’a changé, bien au contraire.

Parce qu’il est simple et bien joué:

Parce qu’il renouvelle le genre.

Parce qu’il est cinéphile et joyeux.

Parce qu’il est brutal et efficace.

Le dernier pari de Seth MacFarlane

Cette série est l’une des nouveautés de l’entreprise qui m’emploie. Et regarder son premier épisode, rencontrer ses producteurs, visiter ses décors fut l’un des chouettes moments de ces derniers mois. Ne cherchez pas à la pirater, elle ne débute sa diffusion qu’à la rentrée.

 

 

The Orville a un pitch simple: dans 400 ans, la technologie a fait d’immenses progrès, les relations humaines, pas vraiment. Il y a un capitaine inadapté, son ex-femme qui l’a trompé pour un alien un an avant, un équipage improbable, et des paraboles sur nos capacités ou incapacités à vivre ensemble.

Si je vous en parle, c’est parce qu’elle est l’exemple même d’un choc de génération, d’un choc culturel. Elle ne correspond à rien de ce que la génération de nos parents pouvait avoir comme référence en Europe. Elle est drôle, mais ce n’est pas une comédie, elle est optimiste, elle change de beaucoup de choses que nous voyons sur les écrans. Elle devrait correspondre à ce que les 15-50 ans ont agrégé, digéré, apprécié de culture geek décomplexée depuis 4 décennies. C’est un petit choc, un joli hommage d’un homme talentueux – Seth MacFarlane.

Une série qui sort enfin du cadre.

A suivre…

2016, une année brute.

Il parait qu’il ne faut pas regretter 2016.
Ce fut pourtant une année brutale.

 

 

Parce qu’on a eu ceci, ou cela.

Parce qu’on a pleuré des morts anonymes très proche qu’on ne connait pas …

 

 

Parce qu’on a pleuré des morts anonymes très loin qu’on ne connait pas …

 

… ou des célèbres que l’on appréciait.

 

Mais il y a 10 ans…

 

Ou il y a 20 ans…

 

Ou il y a un siècle…

Était-ce vraiment mieux ?

Non.

Bonne année à toutes et tous.

Et que celles et ceux que l’on a aimé restent en paix.

Nous sommes le 4 novembre

Forcément, le 4 novembre est toujours un jour différent pour celles et ceux qui sont passés par là.

Là, c’est Canal.

Le 4 novembre était aussi la naissance d’iTélé, de Planete Thalassa, et de bien d’autres anniversaires qui ont marqué la mémoire et l’histoire d’un groupe qui en a survécu plus d’une et quelques-uns.

Bon anniversaire donc.

 

Facebook, et notre culture

Le Monde a gentiment accepté de publier une tribune de Karine et moi sur ce récent mais révélateur fait de censure de Facebook. L’AFP s’en est fait l’écho ici.

La censure par Facebook d’une photographie éminemment célèbre prise lors de la guerre du Vietnam surprend et choque. Il faut être choqué, il ne faut pas être surpris. (lire la suite)

Facebook est une entreprise incroyable. Mais il faut sans doute, nécessairement, obligatoirement, savoir à quoi nous avons à faire. L’internet n’est pas neutre. Il ne l’a jamais été.

 

Plus sportif fut cet entretien de quelques minutes passées chez Eric Brunet, polémiste radiophonique et conservateur de RMC. Karine avait l’habitude de la joute. En cours d’émission, pendant la pause, Brunet a semble-t-il réalisé que nous n’étions finalement pas du tout favorable à la suppression du ministère de la culture, thème qu’il avait choisi pour sa seconde partie.

Et oui.

Il y a des surprises.

Pour tous.