Les goinfres

Il paraît que c’est à la mode, et même l’une des clés des piratages du monde moderne: le public « ne peut plus attendre ».

Pourtant, il faudra bien. Ecrire, réaliser et produire des oeuvres de qualité prend du temps. Et ensuite, on choisit le meilleur moment pour les dévoiler.

Il y a bien sûr une envie de retrouver vite ses séries préférées. Mais à bien regarder, l’affaire est moins simple qu’il n’y paraît:

– S’il pouvait suivre le rythme des diffusions américaines, le téléspectateur pressé de voir la saison 2 de Revenge aurait débuté son visionnage dès la fin de septembre 2012. Mais à raison d’un seul épisode par semaine, avec une coupure large autour de Noël, il devait attendre la mi-mai 2013 pour enfin voir l’épisode final. Quelle patience !

– S’il était abonné à Netflix, le téléspectateur pressé aurait pu « absorber » l’intégralité de la saison 1 de House of Cards dès le 2 avril dernier. L’opérateur avait publié les 13 épisodes d’un seul coup. Maintenant, le téléspectateur pressé va attendre un an. La saison 2 est en tournage.

– Rares sont les commentateurs à se demander si toutes les séries sont faites pour une consommation « accélérée » – d’un coup ou pas.

Que retenir de ces trois cas ?

Que certains sont pressés, mais d’autres pas.

 

PS: nous sommes ravis de la nomination de House of Cards aux Emmy Awards, une série que nos abonnés pourront retrouver dès le mois prochain sur CANAL+.

La Cité du Cinéma contre les délocalisations ?

On ne connaitra que plus tard, ou jamais, comment cette Cité du Cinéma fut rendu possible. Hier soir, Luc Besson recevait quelque 300 invités pour l’inauguration des lieux.

J’avais eu la chance d’une visite préalable: neuf studios, dont l’un actuellement occupé par le tournage des intérieurs du film Malavita, avec Robert de Niro; un hall immense, la nouvelle école de Besson, l’institut Louis Lumière, des bureaux loués à des producteurs indépendants, le siège d’EuropaCorp…

Si l’on oubliait la température – presque glaciale -, nous pouvions nous croire sur le lot de la Warner ou de la Paramount.

L’enjeu est d’abord industriel. Trop de tournages se délocalisent à l’étranger. En particulier en Belgique ou au Luxembourg. Le dumping fiscal de ces voisins est ahurissant.

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Et si les chaînes de télévision préachetaient moins cher ces films français qui se délocalisent ? La mesure fera froid dans le dos à quelques-uns du métier. Mais après tout, il est quand même paradoxal que notre système national, si vertueux pour financer plus ou moins complètement jusqu’à 200 films par an, soit incapable d’imaginer quelque coercition contre une telle concurrence déloyale.

 

La bonne idée de VUDU

VUDU est un service de SVOD lancé par Wallmart aux Etats-Unis. L’enseigne vient de conclure avec les 5 principaux studios hollywoodiens la possibilité de transférer en copie digitale les DVD de ses clients.

Techniquement, cela paraît assez simple: il faut se rendre dans l’une des 3.500 boutiques Wallmart (aux Etats-Unis) avec le(s) DVD(s) que l’on veut transférer; on se créé gratuitement un compte VUDU ; puis, moyennant 2$ par DVD, VUDU crédite le compte créé du film en version digitale. Le client repart ensuite avec ses DVD et peut utiliser son compte VUDU numérique.

Je suis sûr que certains argumenteront que 2$ la copie digitale, c’est hors de prix pour un DVD qu’on a « déjà » payé.

Et d’autres rappelleront qu’un DVD n’est qu’un support de diffusion, pas le film lui-même.

T’as changé la TV connectée ???

Mon fils: « Papa, Youtube est filtré sur la Télé… Y a un code à mettre »

Moi: « Ben oui, j’ai mis un boitier Apple TV »

Mon fils: « … »

Moi: « Regarde, on a un menu différent »

Mon fils: « Oh ! On a tous ces films ?? »

Moi: « Euh.. non… ça c’est de la VOD…Tu ne cliques pas dessus sinon c’est 5 euros »