Féminisme

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Une amie m’a questionné sur mon obstination féministe. En retombant sur cet album de Renaud, j’ai déroulé le fil d’une histoire finalement banale.
Le féminisme d’un garçon vient d’abord de sa famille. L’environnement familial, paternel comme maternel, a influencé, nourri, fait grandir cette évidence que les inégalités femme/homme sont du sexisme et de l’oppression.

Il y a aussi ce malaise plus intime devant l’injonction masculiniste virile et bête, moins présente aujourd’hui en Occident, mais encore très forte au début des années 80. Le personnage du beauf du regretté Cabu est un bel exemple.

Il y a ensuite la confrontation au réel: la rare inégalité que j’ai pu constater quotidiennement – et partout, dans tous les milieux, toutes les situations de vie – fut cette oppression des femmes par les hommes. Quand #MeToo et #BalanceTonPorc sont arrivés, j’ai eu le sentiment que quelqu’un avait enfin allumé la lumière dans la pièce de nos vies: le sexisme domestique, professionnel, ou politique est partout.

Il y a ensuite les deux femmes les plus proches de ma vie, ma femme et ma fille. La résistance de la première, le stress paternel qui m’a envahit au plus profond de mes tripes quand la seconde est née, puis quand elle a grandi au point d’intéresser certains regards lubriques qui naturellement m’ont enragés. Je ne suis plus inquiet car elle sait se défendre mieux que je ne pourrais jamais le faire. La scène qui suit de True Romance a remplacé celle de Liam Neeson dans Taken menaçant de mort le kidnappeur de sa fille.

Revenons à cet album, le plus féministe de Renaud, avec cette ode aux femmes, Miss Maggie, et ce désarroi paternel exprimé dans Mistral Gagnant. Le retrouver dans le placard familial m’a ouvert les yeux sur ce chemin.

Joyeux Noël.

 

 

 

Netflix est-il l’ennemi des salles de cinéma ?

Alors que le dernier film des frères Coen sort … sur Netflix ce 16 novembre… interrogeons-nous.

Les films de Netflix avaient été disqualifiés de sélection cannoise : « Désormais, tout film présent en compétition devra sortir dans les salles françaises », expliquait Thierry Frémaux, le délégué général du Festival de Cannes, dans Le Film Français en mai dernier. Certains ont critiqué cette décision. Dans le sempiternel débat français sur la chronologie des médias, cinq organisations se sont élevées contre la possibilité qu’un film de cinéma conserve son statut (et ses financements) sans qu’une sortie en salles ne soit requise en France.

On aurait tort de caricaturer ce débat à celui des anciens contre les nouveaux, à le résumer à un quelconque caprice de supériorité des salles de cinéma sur les nouveaux médias. La sortie en salles de cinéma incarne, sans doute encore pour longtemps, la différence entre le film et le téléfilm. Steven Spielberg l’explique très bien : « Dans les faits, quand on se soumet au format télévisuel, on devient un téléfilm. Le cinéma est un lieu de liberté. Il n’y a rien de péjoratif à rappeler que la fiction télévisuelle, toute créative soit-elle, est d’abord soumise aux impératifs d’un ou deux diffuseurs au mieux. Malgré toutes les difficultés qu’un cinéaste peut rencontrer, il jouit d’une liberté plus importante que celle d’un créateur de fiction télévisuelle : les diffuseurs TV ont un pouvoir de censure, mais aucun n’a le dernier mot.

Un temps, Netflix et les autres ont été loués pour l’incroyable liberté que les créateurs y trouveraient par rapport aux diffuseurs traditionnels. Ce temps est révolu. Netflix comme Amazon ont annoncé l’arrêt de certaines de leurs séries. Ils agissent comme…les diffuseurs qu’ils sont. Ce droit de vie ou de mort n’est que la règle du jeu audiovisuel.

La conversation sociale s’éparpille.

La seconde question qui pourrait opposer Netflix au cinéma est son financement. Le cinéma laisse une place à l’exploitation de ses différents diffuseurs. La SVOD est trop gourmande pour ne pas bousculer cet équilibre. En France, les pouvoirs publics tentent d’attirer les services non-linéaires à contribuer au financement en échange d’une meilleure place dans la chronologie d’exploitation. Pourtant, il est difficile d’imaginer que des géants tels Netflix ou Amazon changeront leur modèle pour notre seule régulation nationale.

Netflix est-il pour autant l’ennemi des salles obscures ?

Pour certains, l’accès à de larges catalogues de fictions, notamment de séries, est en passe de dégoûter une part croissante du public, jeune en particulier, du spectacle en salle. Le producteur français Pascal Breton, président de Fédération Entertainment, confiait récemment : « la série devient le média de tous les médias. Elle en ringardise même le cinéma ». Le cinéma est depuis longtemps l’objet de chroniques sur sa mort. Pourtant, qui n’a pas eu l’impression d’une overdose de séries ? Le nombre de séries proposées au public dépasse chaque année ses propres records. La conversation sociale s’éparpille, chaque série est chassée par une autre. Et les algorithmes achèvent d’enfermer chaque spectateur dans ses propres goûts. Le cinéma connaît moins ces difficultés. Un film prend moins de temps culturel. Le phénomène de « Peak TV » devrait au contraire conforter la place de l’œuvre unitaire.

 

 

(Chronique publiée le 9 avril 2018 dans l’Opinion)

«La disparition de la télévision?» (REPLAY)

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Aux Etats-Unis, la chute du nombre d’abonnés aux offres télévisuelles « multichaînes » est l’objet de sempiternelles chroniques. C’est le fameux « cord-cutting », qui désigne le renoncement à l’abonnement à ces offres par câble ou satellite. On compte encore 92 millions de foyers abonnés, mais ces derniers ont chuté de 8 millions en cinq ans (source, Kagan 2018). Pour des observateurs trop expéditifs, le cord-cutting incarne « la fin de la télévision », au profit du streaming, moins cher et plus souple tels Netflix, Amazon et consorts.

Nouvelle de l’été dernier, ce cord-cutting s’essouffle ! La chute des abonnements à la télévision américaine se fait moins forte que prévu, 478 000 abonnés perdus au second trimestre 2018, contre 800 000 à un million en moyenne les trimestres précédents. Le « miracle » tient à la réintégration dans les statistiques des mini-bouquets Internet Sling TV (Dish Network) et Directv Now (AT&T). Leurs progressions sont réelles et croissantes, les deux services comptent environ 8 millions d’abonnés désormais.

Mieux, ces données sont encore incomplètes car quelques mastodontes récemment entrés sur le marché de la distribution de chaînes de TV ne communiquent pas leurs résultats : Hulu, YouTube TV et Amazon proposent à leur tour des abonnements à des chaînes en direct, via Internet.

Certes, ces mini-bouquets sont moins chers, donc moins rémunérateurs, que les abonnements d’antan (de 25 à 50 dollars, plutôt que 100 ou davantage). Pour les opérateurs historiques (AT&T, DishNetwork) ou récents (Hulu, Amazon), l’équation peut être quand même rentable : la structure des coûts de distribution est très différente ; les frais d’installation et de gestion d’un abonnement 100 % numérique sont en effet très inférieurs aux services traditionnels qui reposaient sur une infrastructure et un niveau de prestation « physique » conséquents. Du coup, les marges des opérateurs, au fur et à mesure que le portefeuille d’abonnés progresse, ne seront pas si négligeables.

Cord-never.

Mais pour les éditeurs de chaînes, est-ce le salut ? Pas vraiment. Ces mini-bouquets Internet sont aussi « mini » par le nombre de chaînes proposées (60 à 130). Il n’y a pas de place pour tout le monde. Les gros perdants sont cette multitude de chaînes aux marques trop faibles ou aux programmes peu indispensables. Au second trimestre 2018, 90 % des chaînes nationales ont perdu des abonnés. Certaines chaînes n’ont pas sécurisé tous les droits de streaming. Ainsi PBS, chaîne publique, n’est pour l’instant pas distribuée dans ces nouveaux mini-bouquets pour des motifs de droits…

Et ce n’est pas tout : environ 9 % de la population américaine, une fraction croissante, n’a jamais pris d’abonnement traditionnel. Cette génération de « Cord-Never » est jeune, 34 ans environ. Elle a été habituée à ne jamais payer en utilisant le compte parental, puisque les offres audiovisuelles numériques proposent désormais plusieurs accès à leurs services TV dans le même abonnement.

En France, la distribution télévisuelle tient grâce aux offres « triple play » (TV, téléphone, Internet). Pour combien de temps ?

 

(Chronique publiée le 27 août 2018 dans l’Opinion)

(REPLAY) Demain, tous prisonniers des algorithmes?

 

Il y a un sujet commun aux économies de l’Internet et de la culture qui intéresse enfin au-delà du cercle des professionnels initiés : les algorithmes. La manipulation de l’information à l’occasion de l’élection présidentielle américaine par les algorithmes de certains réseaux sociaux a choqué. Mais depuis deux ans, les professionnels de l’audiovisuel français s’intéressent aussi aux risques posés par ces mêmes dispositifs dans l’offre audiovisuelle.

Il y a longtemps, chacun pouvait se sentir prisonnier de sa situation sociale, de sa culture familiale ou acquise, ou de sa situation géographique. La massification de l’accès à la culture, grâce au numérique, avait créé beaucoup d’espoirs. On a cru alors que les algorithmes remplaceraient les directeurs des programmes des diffuseurs traditionnels, qu’ils seraient le compagnon indispensable de cette libération de l’accès. L’arrivée de Netflix en Europe fut ainsi l’occasion de commentaires parfois béats sur sa recommandation personnalisée et automatisée.

Qui pourrait se plaindre de se voir offrir les programmes correspondant le mieux à ses goûts et ses envies ? Pourtant, force est de constater que les algorithmes ont fini par doucher ces espoirs d’accès illimité et de découverte facile.

Les algorithmes posent d’abord des questions sur le respect de la vie privée : comme pour les réseaux sociaux, ils s’appuient sur des données personnelles. Par exemple, Netflix personnalise jusqu’aux visuels des programmes qu’il fait apparaître sur la page de recherche de ses abonnés sur la base d’un enregistrement systématique de nos consommations.

Un algorithme trop puissant se doit d’être déloyal pour être efficace. C’est un paradoxe

Quotas de diffusion. Les algorithmes font aussi obstacle à l’un des piliers de la politique de soutien à la création européenne, les quotas de diffusion. Imagine-t-on un algorithme recommander 40 % de programmes français à chaque requête de son utilisateur ?

Ensuite, ces algorithmes enferment les spectateurs dans leurs goûts initiaux et leurs pratiques. Ces dispositifs, expliquait le CSA, « peuvent en partie déposséder les individus des choix qu’ils pourraient faire spontanément et ainsi réduire leur libre arbitre.» Le numéro deux du groupe TF1, Ara Aprikian devant la mission parlementaire d’information pour « Une nouvelle régulation de la communication audiovisuelle à l’ère numérique », rappelait fort justement que « la télévision s’adresse à tous. Elle favorise la cohésion sociale, quand les plates-formes numériques et les algorithmes sont dans une logique d’atomisation ».

Enfin, pour tout média audiovisuel, un algorithme trop puissant se doit d’être déloyal pour être efficace. C’est un paradoxe : primo, tout diffuseur qui se met à produire son propre contenu tente de convaincre ses spectateurs de le consommer en priorité. Secundo, rares sont les médias qui disposent de la profondeur du catalogue nécessaire à servir toutes les envies. En janvier 2017, le CSA avait ainsi publié un rapport sur le sujet, et l’on pouvait y lire combien ces algorithmes « portent l’empreinte des partis initialement pris par leurs développeurs. »

Cette « culture de l’algorithme », qui est une affaire de marketing, est l’une des irruptions les plus violentes de la loi de la demande dans cette économie de l’offre qu’est l’audiovisuel.

 

(Chronique publiée le 25 avril 2018 dans l’Opinion)

Pourquoi la vidéo à la demande par abonnement s’éparpille

Coup sur coup en quelques semaines de cet été 2017, voici Disney, Paramount et peut-être Fox (*) qui annonçaient des lancements de services de vidéo à la demande par abonnement propriétaires. Exit donc les partenariats lucratifs avec les Netflix et Amazon ?

Disney a surpris en déclarant lors de sa dernière communication financière qu’il n’entendait pas renouveler l’accord de distribution de ces films en première exclusivité avec Netflix. Viacom confirmait lancer un service en Scandinavie baptisé Paramount+, qui proposera des films inédits tels « Baywatch » ou « Transformers : The Last Knight », mais aussi des séries et émissions telles « South Park » et « Inside Amy Schumer ».

Les téléspectateurs pourraient se réjouir. Les premières réactions furent différentes. Cet éparpillement poserait un problème de choix : qui va s’abonner à 3 ou 4 services d’une dizaine d’euros mensuels chacun alors que Netflix ou Amazon proposent déjà une offre riche ?

La réalité est plus complexe.

Premièrement, aucun service de vidéo à la demande par abonnement n’a jamais été une vidéothèque exhaustive. La profondeur des offres varie puisque les ayants droit commercialisent différemment leur catalogue d’un pays à l’autre. Netflix, qui domine le marché occidental, a même réduit son approvisionnement externe, à fur et à mesure que ses productions originales prenaient de l’ampleur.

Deuxièmement, comment reprocher aux studios de chercher d’autres débouchés ? La SVOD provoque des ruptures inédites : elle offre un usage sans limite, sur une durée longue, auprès d’un nombre d’abonnés massif. Donc les perspectives de revenus « aval » se raréfient. Les plateformes mondiales ont aussi le culte du secret sur les usages réels ; leur taille impose des rapports de force défavorables dans les négociations ; parfois, leur centre de gravité économique est ailleurs, sans rapport avec l’audiovisuel qui n’est qu’un artifice. Développer son propre service est une déclaration d’indépendance, une envie de maîtriser une évolution inévitable plutôt que de la subir.

S’ajoute le durcissement du marché. En Europe, les diffuseurs télévisuels préfèrent favoriser des productions locales, de qualité incontestable, mais qui correspondent surtout aux audiences vieillissantes du petit écran. Or les productions américaines, plébiscitées en SVOD, font le plein d’un public plus jeune qu’il faut bien toucher.

Troisièmement, le téléspectateur cinéphile ou sériephile ne devrait pas désespérer. Le marché est suffisamment large pour que l’oligopole Netflix/Amazon soit pris à partie. La facture ne sera pas forcément plus élevée : la SVOD suit un modèle sans engagement, qui permet au spectateur d’aller et venir sans tout payer tous les mois. Elle est parfois couplée de façon indolore au sein d’offres payantes qu’elle enrichit sans surcoût.

Pour échapper à un nouvel oligopole, trouver de nouveaux débouchés, mieux connaître le public, ces services de compléments sont une nécessité.

 

Images Feux d'artifice
BonnesImages.com


Cette chronique a été publiée le 20 novembre 2017 dans l’Opinion.

(*) L’auteur de ces lignes s’exprime exclusivement à titre personnel. Aucun propos ni argument n’engagent 21st Century Fox, ni ses filiales ou actionnaires.

Le Titanic de l’audiovisuel européen

Avez-vous regardé l’épisode du Capitaine Marleau diffusé par France 3 le 3 octobre dernier ? Il y a de fortes chances… si vous avez plus de 50 ans, comme les trois quarts de l’audience de cette série ce soir-là. Son succès est indiscutable. Il a surpris les observateurs : plus du quart des téléspectateurs présents devant leur poste regardaient la fiction de la Trois. Une semaine plus tard, face à un match de l’équipe de France de football qualificatif pour la prochaine Coupe du monde en Russie, le capitaine Marleau résiste encore.

La fiction française est faite pour qu’elle performe auprès de celles et ceux qui s’accrochent encore à la diffusion linéaire et programmée, un public plutôt âgé, qui vieillit avec elle. Les chiffres ne mentent pas. En septembre, les plus de 50 ans ont ainsi passé 5 heures par jour en moyenne devant le petit écran. C’est énorme, plus du double du temps passé devant le même petit écran par les moins de 35 ans. Bien servir ce public âgé est comme une bouée de sauvetage pour notre télévision nationale.

Cette stratégie est pourtant un cercle vicieux, et sans doute le meilleur chemin vers une dégringolade certaine. Nos chaînes nationales de télévision cherchent l’audience linéaire la plus importante. Cette audience est âgée. En lui donnant satisfaction, elles font fuir un public plus jeune qui n’en demande pas moins puisqu’ils ont d’autres distractions. Pire, cette audience âgée, par définition, vieillit d’année en année. Et donc, dans 5, 10 ou 15 ans, comment réussiront nos diffuseurs nationaux à convaincre une audience qui n’a jamais pris l’habitude de regarder ce que le petit écran historique lui a proposé dans sa jeunesse ?

Rattrapage. Car la chute de la consommation télévisuelle linéaire des plus jeunes est devenue massive. YouTube a 12 ans, Facebook cartonne en vidéo, Netflix frôle les deux millions d’abonnés dans l’Hexagone, la télévision de rattrapage s’est généralisée dans les foyers français après son lancement il y a dix ans. Il ne s’agit plus d’une curiosité adolescente, mais bel et bien d’une désertion massive qui concerne les moins de 35 ans dans leur ensemble.

Certains se rassurent : a priori, le danger n’est pas si grand. Nos plus jeunes regardent certes ailleurs mais ils ne font que regarder en différé ce que les plus vieux regardent en direct. Pour preuve, les statistiques américaines, toujours en avance sur nos mesures européennes : 50 % des Millenials regardent la télé, mais en différé. En France, les études sur le profil des audiences du replay sont balbutiantes. Les diffuseurs maîtrisent mal les données de consommation sur leurs audiences non linéaires.

Cette désertion de la diffusion linéaire par les moins de 40 ans pose pourtant déjà un double problème. A la différence des États-Unis, les chaînes françaises ne savent pas (encore) monétiser aussi correctement les écrans publicitaires sur leurs diffusions à la demande que sur leurs diffusions linéaires. Ce n’est plus le cas aux Etats-Unis où l’essor d’un Hulu, joint-venture entre 4 des 5 networks nationaux, touche justement la bonne cible publicitaire et génère des revenus plus significatifs que les dérisoires compléments publicitaires du replay français. Ensuite, les diffuseurs américains s’adressent réellement à tous les publics, tous les âges des nouveaux prime-time audiovisuels. Il n’y a qu’à observer la programmation européenne d’un Netflix, qui hérite en exclusivité de nombreuses fictions américaines délaissées par nos diffuseurs nationaux, pour s’en convaincre.

Cette chronique a été publiée dans l’Opinion le 12 octobre 2017.

Chroniquer les nouvelles frontières de la TV

Il n’est jamais facile de raconter ce que l’on voit, entend, comprend de sa propre activité professionnelle. Le manque de recul ou de temps, les intérêts particuliers, les pressions anticipées ou réelles, les obstacles sont nombreux.

L’an dernier, Cyril Lacarrière, journaliste à l’Opinion, m’a tout de même proposé d’écrire régulièrement sur les médias, l’audiovisuel et le cinéma. Je ne saurai trop l’en remercier. L’exercice est libre, autant qu’il peut l’être quand on travaille encore. Il me permet de chercher à éclairer, à réagir et à analyser ce qui se déroule sous nos yeux. Ce secteur comme d’autres subit de multiples révolutions – technologiques, culturelles, commerciales. D’autres évolutions n’ont rien de révolutionnaires, elles signifient au contraire un incroyable retour en arrière. Cette filière attire d’innombrables commentaires. Certaines analyses, échappées d’esprits intelligents mais extérieurs à cette filière, m’ont souvent donné envie de réagir.

J’ai donc écrit une dizaine de chroniques depuis une année, et vous les retrouverez désormais ici sur ce blog également. L’Opinion en conservera la primeur, une première fenêtre d’exploitation de trois mois au plus, dont la chronologie a été très facilement et gentiment négociée avec Cyril et Remi Godeau, rédacteur en chef du journal.

 

Dernier palmarès 2017 avant 2018

Puisque les César sont pour bientôt, voici un palmarès subjectif de quelques films français qui ont marqué mon année cinéphile.

Parce qu’avant #BalanceTonPorc, il relate un état de fait, un fait que quiconque dans une entreprise a rencontré, subi, observé:

Parce qu’il m’a fait penser à deux précédents films sur le même sujet « Ressources Humaines » et « Sauf le respect que je vous dois« , il y a une plus d’une décennie, et que rien n’a changé, bien au contraire.

Parce qu’il est simple et bien joué:

Parce qu’il renouvelle le genre.

Parce qu’il est cinéphile et joyeux.

Parce qu’il est brutal et efficace.

Le dernier pari de Seth MacFarlane

Cette série est l’une des nouveautés de l’entreprise qui m’emploie. Et regarder son premier épisode, rencontrer ses producteurs, visiter ses décors fut l’un des chouettes moments de ces derniers mois. Ne cherchez pas à la pirater, elle ne débute sa diffusion qu’à la rentrée.

 

 

The Orville a un pitch simple: dans 400 ans, la technologie a fait d’immenses progrès, les relations humaines, pas vraiment. Il y a un capitaine inadapté, son ex-femme qui l’a trompé pour un alien un an avant, un équipage improbable, et des paraboles sur nos capacités ou incapacités à vivre ensemble.

Si je vous en parle, c’est parce qu’elle est l’exemple même d’un choc de génération, d’un choc culturel. Elle ne correspond à rien de ce que la génération de nos parents pouvait avoir comme référence en Europe. Elle est drôle, mais ce n’est pas une comédie, elle est optimiste, elle change de beaucoup de choses que nous voyons sur les écrans. Elle devrait correspondre à ce que les 15-50 ans ont agrégé, digéré, apprécié de culture geek décomplexée depuis 4 décennies. C’est un petit choc, un joli hommage d’un homme talentueux – Seth MacFarlane.

Une série qui sort enfin du cadre.

A suivre…

2016, une année brute.

Il parait qu’il ne faut pas regretter 2016.
Ce fut pourtant une année brutale.

 

 

Parce qu’on a eu ceci, ou cela.

Parce qu’on a pleuré des morts anonymes très proche qu’on ne connait pas …

 

 

Parce qu’on a pleuré des morts anonymes très loin qu’on ne connait pas …

 

… ou des célèbres que l’on appréciait.

 

Mais il y a 10 ans…

 

Ou il y a 20 ans…

 

Ou il y a un siècle…

Était-ce vraiment mieux ?

Non.

Bonne année à toutes et tous.

Et que celles et ceux que l’on a aimé restent en paix.