1 day before D-Day #Foxpleasure

I remember the day we learned Disney wanted to buy certain assets of 21CF. « Anything I should worry about, Dad ? » asked our daughter. « Nope« , I answered.


Yet this pre-acquisition period has been a true 15-month journey for both Disney and Fox employees. Discussions, questions, memories, last LA Screenings, last Fox party on the lot, team prepping and introvertions, this journey has been a mix of nostalgia, angst and hope.

As in many other parts of our industry, each individual questionned herself/himself on his/her role.


But differently from any other place in our entertainment industry, we were thousands and thousands to fear, hope and think at the exact same things during this exact same moment.

And now, this is it.

Let’s move to this new chapter.


Yes indeed.

Like a band, one of the greatest ever.





2 days before D-Day #Foxpleasure


I remember DEADPOOL. Although I was already a Marvel fan, I discovered that our son was more expert than me. A year before the movie was released and became a phenomenon, he was already fully aware of everything about this film, his hero and its universe (Joining Fox that same year, I was at last able to work at the Nakatomi Plaza).


I remember THIS IS US, an authentic family drama which have you cry at every episode. I remember POSE, a creative and emotive shock, a series that was as difficult to pitch as it was touching and fascinating.


3 days before D-Day #Foxpleasure


I remember HOMELAND. An Israeli format, an American drama. Carrie Mathison and Sergeant Brody became our heros with all their personal complexities.

I remember THE AMERICANS. This drama of espionage, with its nostalgic historical context, is first and foremost a story of love and family life. And the series helped to launch CANAL+ Series in 2013.

4 days before D-Day #Foxpleasure


I remember TITANIC. As some other millions of viewers, I cried each time I saw it, and I saw it several times. I remember AVATAR, and how Mark was so happy to tell us at Canal+ that there was this « wonderful movie with some blue heroes » soon to be released.

Later that same year, I remember THE SIMPSONS‘ twentieth anniversary during Mipcom in Cannes. Nobody recalled that SIMPSON episode, 9 years earlier, where they envisionned that Fox would become part of Disney.

5 days before D-Day #Foxpleasure

One souvenir per day, 6 days until D-Day.



I remember SPEED with Keanu Reeves, one of the first Fox films I saw on CANAL+ in France. Long before John Wick, Reeves was wearing a bullet-proof jacket as he tried to save a bus while Sandra Bullock was driving. SPEED was all about adrenaline. That same year, I joined Canal+ when Mark Kaner, who will become my mentor and friend many years later at Fox, left it.



I remember GRAPES OF WRATH (1940) MY DARLING CLEMENTINE (1946), KISS OF DEATH (1947) and many others, and how Gina Brogi at Fox (who will also become my boss and friend some years later), was happily surprised that we knew, liked and licensed the black & white features of the Fox catalogue for our French movie channels at CANAL+.

6 days before D-Day #Foxpleasure

One souvenir per day, 6 days until D-Day.


I remember DIE HARD. No need to stress how new and fresh it was – the hero is fun, brave, and he suffers. As I finally went to Los Angeles years later, how many times did I check if the Nakatomi Plaza, aka Fox Plaza, was still up at Century City ? Later, I remember and enjoyed DIE HARD WITH A VENGEANCE, a Touchstone picture (Disney). On the Fox lot, there is this huge DIE HARD poster. And you can hear John McClane whispering « Yippee Ki Yay ».



I remember 24, the real-time intrigue, the split-screen design and the music (still my ringtone 2 decades later). I had to buy DVDs in the UK to binge the full series. I remember that short video of Kiefer Sutherland that Mark Kaner managed to have produced and sent for Canal+ 15th anniversary. That same year, I remember the first Ice Age, with Rudy and Manny.

7 days before D-Day

For any Fox or Disney employee, D-Day refers to this coming March 20, 2019 when Disney becomes the owner of some 21CF’s assets. As a new era will soon begins, there is obviously a mix of sadness, nostalgia, hope and enthousiasm. The exact balance between these feelings may vary from one person to another, but we’ll all remember Fox legacy.

I personally remember hundreds of moments, first as a Fox fan, then a Fox partner, and finally a Fox employee. Here is a sequence of souvenirs, one souvenir per day, 7 days until D-Day.

*** 7 days before D-Day ***


I don’t remember when I saw STAR WARS for the first time. But I recall my emotions. The STAR WARS franchise became a universe with whom I grew and that still lives my adult life. I remember this young kid sitting next to me at the premiere of Star Wars: Episode III – Revenge of the Sith. While the end credits scrolled on the screen, he exclaimed whispering, « Luke and Leia are brother and sister ! » How lucky was he ! He had 3 more films from the franchise to discover.


Comment Netflix capte le public jeune


Le service public audiovisuel français a lancé Culture Prime à l’automne dernier, une initiative qui vise à proposer des vidéos courtes et culturelles à destination du public jeune, sur les réseaux sociaux. Elle s’ajoute notamment au lancement de France TV Slash (dont la saison 3 de SKAM vient de débuter), portée par France Télévisions, et au projet Salto porté par TF1, France Télévisions et M6.

Comment capter les jeunes ? La question est centrale pour les diffuseurs, au fur et à mesure que le public télévisuel vieillit. Il y a urgence : en France, la durée d’écoute télévisuelle des 15-34 ans a encore chuté de 20 minutes en octobre : 1 heure 50 contre 2 heures 08 en octobre 2017, alors qu’elle est stable, à plus de 5 heures quotidiennes, pour les plus de 50 ans. Et les GAFAN (avec un N comme Netflix…) se disputent, avec n’importe quel « contenu », sur n’importe quel écran, ce public des moins de 40 ans. C’est le cœur de la publicité comme de l’abonnement audiovisuel de demain.

Les plateformes de streaming s’adressent même prioritairement à cette cible. Le constat s’aggrave. Prenez le leader, Netflix : sur ses 73 séries originales proposées en France, la moitié cible adolescents et jeunes adultes via leurs thèmes, genres ou héros. En sus des productions Marvel, Netflix est aussi le diffuseur des séries diffusées aux Etats-Unis par la chaîne CW, avec quelques fleurons des rivaux DC Comics (Flash, Supergirl, Arrow) ou Archie Comics (Riverdale, Sabrina). Enfin, les nouveaux projets de fiction française du géant américain affichent tous le même prisme générationnel sur des genres variés – horreur, science-fiction, romance adulescente ou comédie décalée – mais traités à la marge par la fiction nationale. Netflix semble absorber toutes les séries signifiantes pour cette cible juvénile délaissée par les diffuseurs historiques.

Culture juvénile. L’américain a aussi créé un service techniquement sur-mesure pour les jeunes générations, disponible sur tous leurs écrans mobiles et que l’on partage avec simplicité et sans contrôle. Non sans risque. La multiconnexion, familiale ou pirate, a pris une ampleur inédite, surtout chez les jeunes : un tiers des utilisateurs de vidéo à la demande sur abonnement (SVOD) âgés de 15 à 35 ans profiteraient d’un abonnement qui n’est pas le leur (13 % pour les baby-boomers). Public boulimique, pouvoir d’achat contraint.

Mais ce ciblage générationnel est sacrément efficace : Netflix trône en tête de la plupart des classements des marques préférées des millenials. Les « streamers » ont gagné cette première bataille de l’attention en ligne. Plus largement, en France, d’après Médiamétrie, les utilisateurs quotidiens de SVOD, soit 3 millions d’individus, ont 31 ans en moyenne.

Il est donc urgent de relire et d’actualiser la formidable étude conduite par l’Insee et le ministère de la Culture sur les pratiques culturelles des Français depuis 1970 : les effets de générations sont réels. La « culture juvénile » se renforce au cours du temps car les générations conservent en grande partie les comportements et préférences de leur jeunesse. Projetons-nous dans une dizaine d’années : certains diffuseurs auront du mal à convaincre demain les générations délaissées aujourd’hui, d’autres pas.

Le choc numérique d’aujourd’hui pourrait être le prélude à un choc culturel plus grave encore plus tard.


(Chronique initialement publiée dans l’Opinion)

La guerre du streaming est déclarée.

Il règne une curieuse atmosphère à Hollywood. Il y a d’abord cette préparation générale pour une nouvelle bataille sur le terrain de la distribution audiovisuelle. Face à Netflix et Amazon, cette consolidation gigantesque se poursuit et interroge tout un secteur. Comcast, qui possède Universal Studios, tente de ravir Sky à Fox. Disney se prépare à absorber les actifs internationaux de Fox et la majorité de Hulu pour se déployer face à Netflix. ATT digère Warner et sa filiale HBO depuis le feu vert obtenu des autorités américaines en juillet. Unique (Netflix) ou hybride (Hulu, Amazon), les modèles du streaming sont et seront multiples.

Du côté de la production audiovisuelle, tous les plafonds sont dépassés cette année encore. Environ 525 saisons nouvelles de séries seront lancées en prime time sur les écrans américains, TV et streaming compris. C’est encore 10 % de plus que l’année précédente. Le seuil de « Peak TV » n’a pas été franchi, contrairement à quelques prédictions : le volume de production de séries ne cesse de progresser, l’argent coule à flots, ni l’imagination ni les budgets n’ont de limites. Cependant, Hollywood s’interroge sur les possibilités d’une surchauffe, voire d’une bulle. On craint la « gueule de bois ». Le moment de vérité viendra, mais quand ?

Le moteur de cette croissance exponentielle est évidemment le développement du streaming payant – Netflix (8 milliards de dollars), Amazon (5 milliards), AT&T qui vient de racheter Warner et donc HBO, et bientôt Disney pour n’évoquer que les géants. Mais aussi Apple (1 milliard), Facebook et YouTube. Les sommes investies dans l’acquisition de talents et le développement d’histoires originales excèdent très largement les revenus générés par cette activité. Mais les actionnaires misent sur l’avenir, et l’acquisition d’une base d’abonnés suffisamment massive et mondiale pour que les opérateurs rehaussent les prix des abonnements et deviennent enfin rentables. Le patron de la chaîne FX déclarait récemment qu’il ne voyait stratégiquement pas d’autre issue à sa marque que de s’affilier à l’un des géants (en l’occurrence, Disney).

Inquiétude nationale. Cette consolidation est d’abord un défi technique : une taille mondiale procure un avantage technologique décisif sur l’enrichissement de l’expérience utilisateur, de la publication et de l’animation des programmes. Les services de Netflix et consorts placent ainsi haut la barre pour leurs concurrents. Et définissent désormais le standard du marché.

Cette consolidation interroge aussi les opérateurs locaux, notamment en France sur la question des droits de diffusion. Comment conserver l’exploitation des programmes nationaux qu’ils financent pour éviter le cercle vicieux de laisser enrichir des plateformes mondiales qui à leur tour les concurrencent ? C’est l’un des défis, le plus sérieux car il heurte la réglementation actuelle en France qui limite cette intégration verticale, et les producteurs et distributeurs indépendants qui ont besoin de financements complets et de perspectives de recettes futures sur leurs créations. Pourtant, cette absence d’intégration verticale nourrit une concurrence étrangère qui en retour fait pression sur le système de quotas nationaux.

Cet article a été initialement publié par l’Opinion le 27 septembre 2018